La vie d'Agnes McLaren

Originaire d'Écosse, Agnès McLaren est la fille de Duncan McLaren, un presbytérien écossais, également homme d'affaires, politicien libéral important et maire d’Edinburgh. Jeune adulte, elle s’engage dans le combat pour la libération des femmes. Aux côtés de sa belle-mère, Priscilla Bright McLaren, elle signe la pétition pour le droit de vote des femmes datant de 1866 et est élue secrétaire de la Société nationale d’Édimbourg pour le suffrage féminin. En 1873, elle accompagne Priscilla Bright McLaren et Jane Taylour afin de donner des conférences sur le droit de vote des femmes dans les Orcades et les Shetland.

Interdite à l'université d’Édimbourg, où la possibilité d'une femme médecin fait scandale, elle s’inscrit comme étudiante en médecine à l’université de Montpellier. Elle loge le temps de ses études chez les sœurs franciscaines. En 1878, elle soutient sa thèse « Flexions de l’Utérus », et devient la première femme diplômée de la Faculté de Médecine de Montpellier et la dixième femme de Grande-Bretagne à obtenir son diplôme de docteur en médecine.

Entre la France et l'Écosse

De 1879 à 1881, Agnès a dirigé un dispensaire pour les pauvres à Edimbourg. Le climat écossais difficile a aggravé ses problèmes de santé et l'antagonisme persistant des praticiens médicaux locaux a rendu extrêmement difficile l'exercice de la médecine en Grande Bretagne. Face à toutes ces difficultés, Agnes a décidé de quitter l’Écosse et de s’installer en France, un pays qu’elle aimait et qui était devenu son deuxième « home ».

Après son retour en France, elle a exercé à Montpellier auprès du Dr Combal et du Dr Grasset, des collègues aimables disposés à travailler avec une femme.

Finalement, elle choisit de s’installer à Cannes. Elle ouvre son cabinet de consultation à la Villa de Provence, près de l’Hôtel de Provence qui existe toujours aujourd’hui.

Elle s’occupait principalement de soigner des femmes et des enfants et utilisait les frais qu’elle facturait à ses patients les plus aisés p20181008 105900 c 1our couvrir les dépenses de ceux qui étaient plus pauvres. Lorsque des médicaments étaient nécessaires, elle les achetait elle-même à l'apothicaire local. Elle rendrait également visite à ses patients les plus pauvres chez eux.  

Elle s'est convertie au catholicisme à l’âge de 61 ans 

Une phase nouvelle commence dans la vie d’Agnes : son évolution mystique sous la direction morale de l’Abbé Perra. Il naitra en elle son « catholicisme intérieur ». Elle se refuse d’abord à accepter cette évolution et repousse toute idée d’abjurer la religion presbytérienne pour embrasser la religion catholique romaine. Cependant, l’évolution profonde se poursuivant, elle se convertira en l’Eglise de Saint Bruno à Lyon en 1898 et plus tard elle sera reçue dans le Tiers-Ordre de Saint Dominique.    

Inde

En 1905, Agnès McLaren est à l'origine de la Medical Mission Committee à Londres. Accompagnée des volontaires d'une mission catholique, elle participe au financement puis à l'ouverture de l'hôpital St. Catherine à Rawalpendi, au nord de l'Inde, actuel Pakistan. En raison de la coutume indienne de la réclusion pour les femmes, dite purdah, celles-ci ne peuvent être vues par des hommes autres que ceux de leur famille immédiate. Il leur est alors impossible de bénéficier de soins médicaux prodigués par un homme. Au début des années 1900, compte tenu du peu de femmes médecins, des milliers d'Indiennes sont mortes de maladie ou de complications liées à l'accouchement. Sur place, elle se préoccupe principalement de recruter des sœurs expérimentées en médecine et chirurgie afin de répondre aux besoins médicaux des femmes sur place.

Au cours de ses recherches de femmes susceptibles d'aider à diriger l'hôpital, elle découvre que la loi canonique catholique interdit aux religieuses de réaliser ce niveau de soins médicaux. Elle demande officiellement au pape et au Saint-Siège de lever la restriction tout en lançant un appel aux femmes intéressées par les soins de santé à l'étranger. L'Autrichienne Anna Maria Dengel, répond à sa demande. Peu de temps après le début de leur correspondance, elle débute l'étude de la médecine à l'université de Cork, pour devenir à son tour médecin. Elle deviendra la fondatrice de Medical Mission Sisters, une congrégation catholique de sœurs formées en tant que professionnelles de la santé et se consacrant aux soins des femmes et enfants du monde entier.

Agnès McLaren décède le 17 avril 1913. Elle est enterrée à Antibes. La notice nécrologique parue dans le British Medical Journal la décrit comme : « Une femme de forte individualité et de caractère, connue d'un grand cercle de travailleurs philanthropiques de nombreuses nations, de nombreuses tribus et de nombreuses croyances

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